A quoi sert (encore) la Bourse ?

Dans quelle époque vit-on ? N’y voyez surtout aucun relent nostalgique, mais la question mérite d’être posée à plusieurs égards, que ce soit en politique, sur le plan social ou humanitaire ou encore sur le plan boursier. Je l’ai écrit il y a peu : on assiste depuis des semaines à des mouvements irrationnels sur les marchés boursiers. Dès lors, je m’interroge pour savoir à quoi sert encore un marché boursier qui ne tient plus compte des paramètres et des fondamentaux qui de tous temps ont constitué une aide à la décision d’investir ou de désinvestir.

Soyons d’abord un peu didactique. A l’origine la Bourse est un marché réglementé où des titres peuvent être achetés et vendus aux cours qui y sont formés. Voilà pour la définition basique. C’est aussi une place où les entreprises peuvent trouver des moyens de financement auprès d’investisseurs institutionnels ou privés. On y échange donc des actions, qui sont des parts d’une société. Ceux qui achètent une action deviennent copropriétaires de la société. La fluctuation des cours des actions dépend de la vie de l’entreprise, c’est-à-dire de ses résultats, de ses perspectives, de ses contrats, des bonnes et mauvaises nouvelles qui rythment la vie économique et industrielle.

Sans verser dans une nostalgie hors de propos, il y plusieurs décennies les intervenants en Bourse étaient, outre des banques et quelques sociétés holdings ou institutionnelles, généralement ce qu’on appelle des petits porteurs, des actionnaires individuels. Aujourd’hui, la technologie aidant, beaucoup de choses ont changé. A commencer par l’accès aux marchés. Il y a vingt ans, la Bourse de Bruxelles était pour les Belges pratiquement le seul marché où ils intervenaient. Certes, les titres étrangers cotés sur la place bruxelloise étaient en corrélation avec leur place d’origine, mais sans plus.

Depuis la ‘révolution technologique’ et l’avènement des marchés informatisés, les Bourses sont accessibles partout dans le monde en temps réel. La planète financière est devenue un village. Mais le changement le plus radical est sans doute dû à l’apparition des salles d’arbitrage et des traders institutionnels qui, force est de le reconnaître, manipulent les marchés. Les événements des dernières semaines, voire des deux dernières années, l’ont démontré. Pire, alors qu’on pensait que la technologie permettant l’intervention en temps réel sur les marchés allait apporter une transparence, c’est l’inverse qui s’est produit : une opacité que les gouvernements et les banques centrales tentent aujourd’hui de combattre. Cette situation a conduit à des opérations qui ont mené à la catastrophe car uniquement guidées par l’appât du gain et par les importantes commissions encaissées par les intermédiaires… qui en ont « oublié » (mais est-ce un oubli ?) l’intérêt de leurs clients. On en a même écarté l’intérêt des entreprises et des pays si l’on en juge par ce qui se passe actuellement sur les marchés pour des pays comme la Grèce ou l’Espagne.

Quatre raisons d’en vouloir aux agences de notation

En cause aussi, les agences de notations. Récemment encore, le Gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a estimé que « les banques centrales étaient trop dépendantes des agences de notation » et estimé que « cela était totalement insatisfaisant. ». Et d’ajouter : « Les agences de notation ne donnent pas d’informations sur les marchés mais en tirent de ceux-ci ». De fait, il y a déjà près de deux ans que les agences de notation sont dans la ligne de mire des autorités internationales pour diverses raisons. La première est qu’elles ont cautionné certains produits bancaires « opaques », qu’on appelle aujourd’hui – et c’est un comble – « toxiques ». Deuxièmement, elles n’ont pas vu venir la crise bancaire et financière. Troisièmement, elles sont à la fois juge et partie puisqu’elles doivent apprécier des produits bancaires ou obligataires et qu’elles sont payées par ces mêmes banques et émetteurs. Comment alors être objectif ? Quatrièmement, elles annoncent au plus fort des crises l’abaissement de certains ratings, provoquant du même coup une amplification de cette crise. On l’a vu avec la Grèce et avec l’Espagne.

Face à cette attitude, on remarque que depuis quelques temps, en matière d’émissions obligataires d’entreprises, les émetteurs ne font plus appel en permanence à ces agences pour obtenir une notation, préférant miser sur leur réputation et économisant au passage un paquet d’euros ou de dollars.

Je pense qu’il faut revenir à des marchés davantage centrés sur l’actionnaire et l’entreprise. Une manière de relancer la Bourse serait par exemple de réinstaurer des lois du type Monory ou Declercq-Cooreman qui dans les années 80 ont encouragé les achats de particuliers en Bourse grâce à des avantages fiscaux. Cela a permis aussi de refinancer à moindre coût les entreprises.

Le marché est par essence une structure qui doit posséder un organe de surveillance et offrir une transparence à la fois sur les produits et sur les transactions. Bien sûr, on peut légiférer au niveau mondial pour obtenir cette transparence et tenter d’éviter les spéculations. Mais, il ne faut pas se leurrer : on n’évitera jamais des bulles spéculatives, même avec des lois contraignantes. Si vous investissez en Bourse, vous devez vous baser  sur des critères d’investissement ou de désinvestissement clairs et logiques. Vous éviterez ainsi des mouvements qui prennent des allures de catastrophes ou d’euphorie injustifiée, lesquels entraînent des ventes ou des achats irraisonnés. Gardez en mémoire que tant que vous n’avez pas vendu, vous n’avez rien gagné ni perdu. Un conseil : fixez-vous aussi des limites et n’hésitez pas à liquider vos positions lorsque celles-ci sont atteintes.

Les marchés ont perdu la tête

Il faut reconnaître que ceux qui investissent actuellement sur les marchés doivent avoir le cœur bien accroché et les nerfs solides. Depuis des semaines, les indices jouent au yo-yo, réagissant souvent de façon épidermique à des bonnes ou mauvaises nouvelles, ou du moins des informations interprétées comme tel. C’est à croire que les marchés ont perdu la tête.

 De fait, la panique semble être l’élément qui détermine la position des investisseurs qui semblent avoir perdu le sens des réalités et avoir versés dans l’irrationnel total. Car, lorsqu’on analyse à tête reposée la situation on s’aperçoit qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil. Certes, nombreux sont ceux qui voient dans la situation économique actuelle le spectre de la crise financière de 2008. Disons-le fort et haut : c’est absurde !

On s’inquiète de la situation budgétaire des états européens, particulièrement ceux du sud. A l’exception de la Grèce, dont le cas est particulier en raison des comptes truqués qu’elle a présentés pour adhérer à la zone euro, il est logique que les états européens mettent en place des plans d’austérité. Ce serait le contraire qui m’inquièterait. En effet, se trouvant dans l’obligation de voler au secours du système financier et des banques qui étaient prêtes à faire la culbute, la plupart des gouvernements ont dû mettre des milliards d’euros sur la table et donc s’endetter. Exceptionnellement, la Commission européenne a accepté de mettre entre parenthèses les critères d’endettement et de déficit budgétaire définis par le Traité européen. A situation d’urgence, mesures exceptionnelles ! Il est donc plutôt rassurant de constater que les gouvernements prennent les choses en mains pour revenir à des déficits acceptables ou, mieux encore, à l’équilibre de leurs budgets. Attendre ne ferait qu’accroître le risque d’une nouvelle crise. D’ailleurs, il ne faut pas se leurrer le prochain gouvernement belge issu des élections du 13 juin, n’aurait pas d’autres alternatives que de réduire les dépenses et de pratiquer aussi l’austérité. Affirmer le contraire serait mentir mais il est vrai que nous sommes en campagne électorale et que ce genre de discours passe mal chez l’électeur.

 Il est probable que l’économie sera affectée par les plans d’austérité, en Europe et aux Etats-Unis, mais cela ne signifie pas que l’on va vers une récession mondiale. N’oublions pas que plusieurs pays émergents jouent actuellement le rôle de locomotive de l’économie mondiale. Enfin, lorsqu’on regarde les résultats des entreprises au 1er trimestre, ils sont plutôt bons, même si parfois ils sont inférieurs à ceux de l’an dernier pour la même période. Mais, c’est encore la crise et il n’y a là rien d’alarmant.

 Pourquoi alors, les marchés et les opérateurs réagissent-ils de façon irraisonnée ? Il faut admettre que certains ont parfois intérêt à faire baisser les cours pour pouvoir racheter à meilleur prix. Certes, la nervosité reste de mise car chacun garde en mémoire la crise de 2008 et 2009. La prudence est compréhensible. Comme l’a déclaré Christian Noyer, le Gouverneur de la Banque de France, « on a l’impression que la nervosité sur les marchés financiers est telle que n’importe quelle rumeur est colportée et donne lieu à des mouvements dans les prix des actifs financiers ». A cet égard, un épisode est révélateur de ce contexte. Il y a quelques jours le prestigieux quotidien économique britannique Financial Times affirmait que la Chine s’interrogeait sur son portefeuille d’obligations libellées en euros. Résultat : la monnaie unique a refait le plongeon. Peu après, les autorités chinoises ont totalement démenti cette information.

Une chose est sûre : il faut arrêter de croire à n’importe quelle rumeur et en revenir aux fondamentaux qui gèrent la décision d’investir en Bourse. Les baisses récentes offrent des opportunités d’acheter des valeurs solides à des prix attractifs. Il faut avant tout miser sur des valeurs internationales, diversifiées ou leader dans leur secteur, ou encore sur des entreprises actives dans des niches prometteuses. Il faut regarder des critères concrets comme l’endettement de la société, ses ratios, etc. Et surtout, il faut éviter de se précipiter sur tout et n’importe quoi ou céder à la panique en vendant à tout crin.

Bruxelles Gourmand, mort d’indigestion

Bizarrement l’information est passée inaperçue et n’a pas été reprise par la presse traditionnelle. Pourtant, celle-ci ne s’était pas tarie d’éloges pour l’aventure Bruxelles Gourmand. Une aventure qui s’est piteusement achevée au mois de mars dernier, avec à la clé une série de faillites et la perte d’emplois pour les travailleurs et de plusieurs millions d’euros pour ceux qui avaient investi dans ce qui allait devenir, selon son fondateur Philippe Pellegrino, le temple de la gastronomie de qualité et de haut de gamme!

Revenons sur les rétroactes de cette nouvelle tragédie qui a fait perdre des économies à des petits porteurs. A l’origine, Philippe Pellegrino, autodidacte, a fait une brillante carrière dans la pub. Il et même devenu le boss d’Ogilvy. Après avoir quitté le groupe, il a l’idée de créer Bruxelles Gourmand et rachète au fil du temps des enseignes réputées, parfois centenaires, dans différents secteurs de l’alimentation : le volailler Matthys Van Gaever, la boucherie Romain, le pâtissier Mahieu, le fromager Langhendries, l’épicerie fine De Boe et le poissonnier Northsea. Un bel éventail. L’objectif de Bruxelles Gourmand est d’apporter une identité collective, une stratégie marketing et un souffle nouveau à ces enseignes généralement familiales. Sur son site Internet – toujours ouvert – il est aussi écrit que Bruxelles Gourmand veut apporter à ses filiales un professionnalisme, une rigueur et une logistique centralisée. Professionnalisme dans des enseignes centenaires, c’est un peu culotté, si vous me permettez l’expression. C’est là sans doute que se trouve la première pierre d’achoppement : il n’est pas facile de fédérer des entités qui ont vécu durant des décennies dans l’esprit d’une maison familiale.

 Qu’importe, Philippe Pellegrino est sûr de son coup. Il vise la clientèle haut de gamme et, comme il le dit parfois, raffinée ! Deuxième pierre d’achoppement : la crise passe par là et le client aussi raffiné soit-il n’est peut-être pas prêt à débourser plusieurs dizaines d’euros pour un poulet rôti !

 Les rachats des enseignes nécessitent pas mal de fonds. Après avoir convaincu la Société régionale d’investissement de Bruxelles d’investir 650.000 €, Bruxelles Gourmand émet un emprunt obligataire de 750.000 €, souscrit notamment par des petits porteurs. Philippe Pellegrino clame partout qu’il veut entrer en Bourse, d’abord au Marché libre et ensuite sur Alternext, les deux segments de NYSE Euronext Brussels dédiés aux PME. Il fait le tour des banques et des sociétés pouvant l’aider dans cette étape qu’il juge difficile, mais qu’il doit abandonner vu le climat boursier qui se détériore à l’été 2008.

 Le patron de Bruxelles Gourmand a un autre rêve : ouvrir des Halles Gourmandes, où les clients pourraient trouver sous un même toit l’ensemble des enseignes qu’il fédère. Il arrive à convaincre la SRIB d’ouvrir la première de ces halles d’un nouveau style à Waterloo, même si la commune dirigée par Serge Kubla n’entre pas dans son périmètre géographique d’intervention. Dans l’intervalle, il embarque dans l’aventure, grâce à son pouvoir de persuasion, des financiers pourtant avertis comme la Compagnie du Bois Sauvage, l’ex-patron de GB Raymond Vaxelaire et Jean-Marie Delwart, ancien CEO de Floridienne. Ensemble, ils mettent 2 millions d’euros sur la table. La S.A. Les Halles Gourmandes de Waterloo est créée le 10 mars 2009 et ouvre son magasin en grandes pompes en septembre de la même année. Mais les clients ne sont pas au rendez-vous et début 2010, Philippe Pellegrino se rend la tête basse au tribunal de commerce de Nivelles pour obtenir une requête en réorganisation judiciaire. Elle lui est accordée, mais le 2 mars 2010 – soit moins d’un an après sa création – les Halles Gourmandes de Waterloo renonce à la requête et font aveu de faillite. Dans la foulée, Bruxelles Gourmand, Matthys Van Gaever, De Boe, Langhendries et Mahieu font de même. Au final donc un beau gâchis et la disparition de maisons réputées qui ont fait la renommée de la gastronomie belge durant plusieurs décennies. Et des millions d’euros partis en fumée.

 Question : pourquoi la presse, qui a fait sa réputation et donner une crédibilité à Bruxelles Gourmand n’a-t-elle pas fait écho de ce massacre ? Réponse : peut-être parce que les journalistes ne font pas (toujours) leur travail à fond. Sans rancune.

La (bonne) surprise de Realco

Une fois n’est pas coutume, je vais me permettre un petit « cocorico ». Ce mardi 25 mai se tenait l’Assemblée générale annuelle des actionnaires de Realco, société spécialisée en biotechnologie enzymatique et cotée sur le Marché Libre de NYSE Euronext Brussels (REAL). Cette société fait partie de notre clientèle et j’en assure la communication en synergie avec ses responsables. Cette réunion des actionnaires se passe toujours dans une ambiance bon enfant et cette année, on peut affirmer que les actionnaires se sont réjouis à plus d’un titre. D’abord par rapport  aux performances réalisées par l’entreprise l’an dernier, malgré un contexte économique difficile. Ensuite, parce qu’ils ont eu la bonne surprise d’apprendre que, pour la première fois, la société versera un dividende au titre de l’exercice 2009. Certes, le montant est symbolique : 0,10 € brut par action, mais cela traduit à la fois la confiance de la société dans son business model et dans l’avenir.

J’ai toujours pensé que Realco est l’un des fleurons du Marché libre et je suis fier d’avoir travaillé à sa mise en Bourse il y a quatre ans. Car, il faut reconnaître que le segment d’Euronext dédié aux PME a connu pas mal de déboires, avec des faillites qui ont touché plusieurs entreprises cotées que la presse traditionnelle avait parfois encensées. Mais aujourd’hui Realco, qui a obtenu l’an dernier le Prix de la meilleure performance du marché libre, décerné par NYSE Euronext Brussels, reste l’une des actions dont le cours est supérieur à celui de l’introduction en Bourse en 2006. Une belle performance à coup sûr !

Un des points forts de Realco est le respect de l’actionnaire. Gordon Blackman, administrateur délégué, est un homme qui joue à fond la transparence et qui est vraiment attentif à l’égard de ses actionnaires. Lors de l’assemblée annuelle, il a d’ailleurs déclaré que « même si les projets de recherche et de développement nécessitent des investissements importants, nous pensons que les actionnaires qui nous ont fait confiance méritent aussi d’être récompensés » !

La distribution d’un dividende est la résultante du bon exercice réalisé l’an dernier. Comme annoncé en février, Realco a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 13 % à 6.129.127 € contre 5,426 millions € un an plus tôt. Après des amortissements de 313.000 €, le bénéfice d’exploitation s’est établi à 200.896 €. Au final l’exercice 2009 s’est terminé avec un bénéfice net de 169.050 € contre 19.434 € en 2008.

Commentant l’exercice écoulé, M. Blackman a signalé qu’en 2009, Realco a entrepris des travaux d’agrandissement d’une annexe industrielle de 1.400 m², destinées à stocker les produits finis. L’ancien atelier sera réaménagé pour accueillir de nouvelles lignes de production, plus performantes. Par ailleurs, la société continue ses recherches afin de garder son avance technologique en matière de biofilm, de filtres à membranes, du traitement de l’eau usée et de la biométhanisation, confirmant ainsi sa position de leader mondial dans l’utilisation des enzymes dans les process industriels.

Signalons que les actionnaires présents ont approuvé tous les points à l’ordre du jour et procédé à la nomination de deux nouveaux administrateurs : MM. Jacques Blomme et Philippe Schobbens.

Non, l’euro n’est pas mort !

Secouée sur les marchés financiers depuis plusieurs semaines, en raison de la spéculation dont elle fait objet, la monnaie unique européenne a atteint des niveaux planchers qu’elle n’avait plus connus depuis des années. Parallèlement les tergiversations des gouvernements européens pour sauver la Grèce d’abord, et stabiliser l’euro ensuite, n’ont guère arrangé les choses. Dans ce contexte chahuté pour l’euro, certains n’ont pas hésité à remettre en cause la viabilité de la monnaie unique. D’autres ont avancé l’idée d’en revenir aux anciennes devises. Disons-le sans ambages : ces deux positions sont farfelues. En effet, il est impossible d’en revenir aux monnaies qui avaient cours avant l’introduction de l’euro. Affirmer le contraire est un mensonge qui ne sert qu’à alimenter la spéculation.

On fait aujourd’hui beaucoup de cas de la faiblesse de l’euro face au dollar, en oubliant que la monnaie européenne est revenue à des niveaux qu’elle a déjà connus. Où est le problème ? Un euro plus faible est d’ailleurs une bonne chose pour les entreprises qui exportent. La preuve en est que les Chinois sont plutôt mécontents de la parité actuelle euro/dollar. Faut-il rappeler qu’il y a quelques temps Pékin envisageait de convertir en euro  une partie de ses liquidités en dollar ? L’euro restera donc bien une monnaie internationale qui, tout comme le dollar, subira encore des assauts de la part des spéculateurs. C’est inévitable.

Et le problème de l’endettement des états, nous direz-vous ? Il est malheureusement inévitable lui aussi. Si l’on met à part la Grèce qui a triché sur ces comptes, il est normal que les Etats européens mettent en place des plans d’austérité après les efforts financiers qu’ils ont dû faire pour sauver le système bancaire. Qu’on ne se leurre pas : le prochain gouvernement belge qui sortira des urnes n’y échappera pas lui non plus. Et ceux qui affirment le contraire, se trompent ou mentent !

C’est reparti !

Après une (trop) longue absence, vous retrouvez notre site rebaptisé « MoneyToring« . Notre objectif reste le même: vous informer des évolutions concernant les marchés financiers, les entreprises dans une optique de gestion de vos finances personnelles. Notre « silence » a été l’occasion de repenser notre approche. Plus que jamais nous voulons être le média spécialisé qui ne se bornera pas à informer, mais qui approfondira l’actualité par des analyses, des interviews et des commentaires. Surtout, n’hésitez pas à commenter nos articles. C’est de la critique que naît la tendance à la perfection qui, comme on le sait, n’est pas de ce monde. Il n’empêche, nous avons aussi besoin de vous pour que notre site soit véritablement ce que vous en attendez. A toutes et tous, bonne lecture donc !

Retour des warrants à Bruxelles

NYSE Euronext Bruxelles annonce le lancement d’un nouveau marché non réglementé: Easynext permettant la cotation de warrants sur indices et sur actions, ainsi que de certificats. 300 titres seront cotés dès jeudi, sans qu’on sache très bien quels sont ceux qui seront accessibles aux investisseurs particuliers. Les émetteurs auront en effet la faculté d’introduire des titres sans prospectus, ce qui aura pour effet de les réserver aux investisseurs institutionnels.

Intéressant? A voir. De tels produits sont en effet largement disponibles à Amsterdam et à Paris, en ce qui concerne les plus « internationaux » des titres en tout cas. Les amateurs de dérivés sur le Bel 20 et sur actions belges trouveront probablement plus facilement leur bonheur à Bruxelles. Encore faut-il aimer les warrants…

A tout prendre en effet, je préfère personnellement les options, qui ont l’avantage de pouvoir faire l’objet d’une vente opening (si votre société de bourse vous y autorise): en pareil cas, c’est vous qui « émettez » les titres… et encaissez la prime au lieu d’avoir à la débourser et à regarder s’évaporer la « valeur temps ».

Pour bien comprendre le fonctionnement des options et warrants, il faut savoir en effet que le prix de ceux-ci (la « prime ») est composée de deux éléments: la valeur intrinsèque et la valeur temps. Je m’explique, pour ceux qui ne sont pas trop familiers de la chose.

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Histogramme

Je vous avais promis quelques explications sur un indicateur technique qui me paraît précieux pour déterminer et pour apprécier la tendance d’un marché: l’histogramme du MACD dont nous avons vu la déclinaison hebdomadaire se retourner, il y a une dizaine de jours, sur l’indice Bel 20. Voici d’ailleurs où il en était vendredi soir (19e semaine 2008):

bel20-histo.PNG

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Avant de tenter de comprendre de quoi il retourne, observons que venant d’un creux en 5e semaine (- 48,7), l’indicateur a continûment progressé jusqu’en 17e semaine (+ 46,8) avant de se retourner à la baisse. Côté cours, l’indice clôturait à 3.612,07 points en 5e semaine et à 3.946,35 en 17e, ce qui correspond effectivement au plus bas et au plus haut de la période (il n’en va pas toujours aussi exactement ainsi).

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Hit-parade des CEO’s: du bluff…

Nous vivons à l’époque des rankings. Pour être lu, il faut classer, hiérarchiser. Denier exemple en date: Le Soir et De Standaard qui rééditent une expérience qu’ils avaient déjà tentée et ont entrepris de dresser le hit-parade des CEO’s du Bel 20.

S’il y en a que ça amuse, pourquoi pas? Mais la valeur de ces classements, pour l’actionnaire, me paraît largement sujette à caution… Les notes obtenues par chacun des 20 patrons sont basés sur des cotes subjectives établies par des jurys et par des critères « objectifs ». Disons plutôt: « chiffrés », car la pertinence desdits critères ne me paraît pas évidente, non plus d’ailleurs… qu’aux deux journaux eux-mêmes, qui prennent leurs distances avec certains d’entre eux.

Le bénéfice net par exemple. GBL obtient un zéro pointé car son résultat net s’est « effondré » de 73% en 2007. Pour la bonne et simple raison que la cuvée 2006 avait été flattée par un produit tout-à-fait exceptionnel, la vente de Bertelsmann. Dans l’autre sens, Omega Pharma obtient un 10/10 pour une progression essentiellement réalisée sur un profit exceptionnel en 2007.

Et le cours de bourse? On prend ici en compte la performance de l’action comparée à celle de son indice de référence, sur la seule année écoulée toujours. On vous dira après ça que la pertinence d’un investissement en bourse s’apprécie sur la durée et qu’il est quand même malheureux que, sous la pression de ces maudits fonds anglo-saxons, le marcéh ne se préoccupe plus que ds évolutions à court terme… Allez comprendre!
Une seule conclusion possible: ces classements n’ont aucun intérêt. Et c’est dommage car des mesures beaucoup plus performantes et significatives sont parfaitement envisageables et couramment utilisées, aux Etats-Unis par exemple. Tenez, tout simple: quelle est l’évolution, sur cinq ou dix ans, des fonds propres par action? Ou: comment évolue la rentabilité de ceux-ci?

Aux Etats-Unis toujours, une multitude de sources gratuitement accessibles vous permet d’opérer un screening de l’ensemble des sociétés cotées, selon les critères que vous aurez définis. Ici, on ne dispose même pas d’outils semblables sur le Bel 20…

Tendances et moyennes mobiles

Identifier une tendance, visuellement, n’est pas compliqué: il suffit de relier un minimum de deux creux ou de deux sommets identifiés sur un graphique, et le tour est joué. Si les creux sont ascendants, la tendance est haussière; si les sommets sont descendants, elle est baissière.

Identifier LA tendance est par contre plus compliqué. Car ainsi qu’on peut le voir sur ces deux graphiques du Bel 20 (clôtures hendomadaires) sur des horizons temporels différents (2005 – 2008 pour le premier, 1er semestre 2008 pour le second), il peut y avoir plusieurs tendances à l’oeuvre en même temps…

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Personnellement, je n’utilise ce genre de graphiques que pour une rapide approche préliminaire. Je les trouve moins « parlants » qu’il y paraît.

Prenez le premier (les lignes de tendance non violées sont représentées par un trait continu. Elles sont deux: la première, la plus longue, part du début 2005. La tendance était partie plus vite (ligne pointillée bleue), elle avait accéléré avant de ralentir sérieusement, au point de permettre l’entrée en scène d’une tendance baissière de plus d’un an (ligne jaune continue).

Comme vous pouvez vous en rendre compte, c’est plus confus encore sur le second graphique: un violent rallye entamé à la mi-mars a l’air de nous ramener sur les niveaux de début janvier, mais la ligne de tendance qui en résulte est si « pentue » qu’on est en droit de se demander si elle est bien solide…

Je préfère en fait approcher la question par les moyennes mobiles. Voici comment.
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