NYSE Euronext Bruxelles annonce le lancement d’un nouveau marché non réglementé: Easynext permettant la cotation de warrants sur indices et sur actions, ainsi que de certificats. 300 titres seront cotés dès jeudi, sans qu’on sache très bien quels sont ceux qui seront accessibles aux investisseurs particuliers. Les émetteurs auront en effet la faculté d’introduire des titres sans prospectus, ce qui aura pour effet de les réserver aux investisseurs institutionnels.

Intéressant? A voir. De tels produits sont en effet largement disponibles à Amsterdam et à Paris, en ce qui concerne les plus « internationaux » des titres en tout cas. Les amateurs de dérivés sur le Bel 20 et sur actions belges trouveront probablement plus facilement leur bonheur à Bruxelles. Encore faut-il aimer les warrants…

A tout prendre en effet, je préfère personnellement les options, qui ont l’avantage de pouvoir faire l’objet d’une vente opening (si votre société de bourse vous y autorise): en pareil cas, c’est vous qui « émettez » les titres… et encaissez la prime au lieu d’avoir à la débourser et à regarder s’évaporer la « valeur temps ».

Pour bien comprendre le fonctionnement des options et warrants, il faut savoir en effet que le prix de ceux-ci (la « prime ») est composée de deux éléments: la valeur intrinsèque et la valeur temps. Je m’explique, pour ceux qui ne sont pas trop familiers de la chose.

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J’ai un ami trader – jadis on aurait dit: boursicoteur – qui, à chacune de nos rencontres, s’efforce de me convaincre que nous connaîtrons bientôt, sur les marchés boursiers, un violent rally haussier.

Il a des arguments pour ça. Qui vont de la valorisation historiquement faible des actions européennes (un rapport cours/bénéfices moyen autour de 10, par exemple) à des considérations plus sophistiquées, et plus techniques, sur la volatilité par exemple.

Mon ami n’est pas seul à penser de la sorte. L’analyse à laquelle je vous renvoie ici date déjà d’une semaine et porte sur le marché américain, mais elle peut parfaitement être transposée, avec les nuances appropriées.

Tout le monde ne pense toutefois pas de la même manière. Dans sa chronique hebdomadaire de Trends-Tendances, le toujours passsionnant (et souvent drôle) Geert Noels compare la bulle technologique de 2001 avec la bulle financière d’aujourd’hui. Il y voit une grande différence car la bulle financière, dit-il, ne concerne pas les valorisations – effectivement faibles – mais les bénéfices gonflés par la spéculation et les effets de levier. Avec pour conséquence que le dégonflement en cours des bénéfices entraîne une baisse à l’unisson des valorisations.

Et il avertit:

L’implosion des TMT n’a pas fait disparaître l’infrastructure ICT: les réseaux télécoms et la fibre optique ont été sauvés mais pas leurs actionnaires. A présent aussi, le système bancaire et les banques seront sauvés mais pas les actionnaires de ces banques...

Alors? Y a-t-il ou non un rally en préparation?

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Habitué aux déclarations tonitruantes et aux effets d’annonce, Louis Thannberger annonçait la semaine dernière qu’il voulait… racheter le Marché libre parisien à NYSE Euronext! Ou à défaut, en assurer lui-même la promotion, délaissée par la bourse paneuropéenne, dénonce-t-il. Et d’enfourcher le dada du patriotisme économique franco-français face à l’ogre américain…

Curieuse affaire. D’autant qu’elle coïncide avec les péripéties un peu surprenantes autour d’Europe Finance et Industrie, la société de Thannberger elle-même cotée sur le Marché libre (MLEFI). Celle-ci, qui est la principale pourvoyeuse d’introductions sur ledit marché, semble avoir très mal vécu l’éclatement de la bulle internet, en 2000, et la raréfaction des IPOs qui a suivi. Ses résultats en ont pâti.

Début 2007, le commissaire refuse de certifier les comptes 2006 et ceux-ci ne sont pas publiés, remontrances de l’AMF à la clé. Thannberger demande en justice le « relèvement » (révocation) du commissaire, affaire toujours pendante, et – miracle! – on finit par découvrir, alors qu’une assemblée générale extraordinaire est déjà convoquée, € 400.000 « oubliés » dans les comptes 2006. Ce qui permet aux fonds propres de ne pas passer sous la limite en dessous de laquelle la société doit être dissoute en vertu du droit français…

Vous pensez bien qu’avec toutes ces péripéties, le cours d’EFI sur le Marché libre fait du yo-yo… Il est aujourd’hui à 15,60 (- 52% sur le début de l’année).

L’affaire reste marginale et ne fait guère de vagues, en France (je l’ai découverte presque par hasard, grâce à Google Alerts), mais elle illustre assez bien les côtés, disons: pittoresques du Marché libre parisien et de certains de ses acteurs. Et l’importance d’une information fiable sur l’évolution des sociétés qui y sont cotées…

Il paraît que plusieurs fonds de private equity sont occupés à rôder autour des plus petites capitalisations de la Bourse de Paris. C’est le quotidien français La Tribune qui dit ça, dans un article annoncé en une, vendredi (il est payant; voici le lien, s’il vous intéresse).

Le président d’un de ces fonds, cité par le journal:

Il est devenu plus intéressant pour un fonds d’acheter une entreprise cotée qu’une société privée, dont les valorisations ont moins baissé.

La crise financière? Sans doute. Mais selon le président d’un autre fonds, qui organise le delisting de Léon de Bruxelles (Paris, Comp. C – LEON), il y a aussi l’internationalisation des marchés qui requiert des entreprises à forte visibilité et à taux de flottant élevé.

Dans la catégorie des entreprises dont la capitalisation boursière est comprise entre 20 et 80 millions, avec un flottant de 10 à 30%, une société sur deux serait mieux valorisée en dehors de la Bourse, adossée à un fonds, estime-t-il.

Si cela est vrai, NYSE Euronext doit se faire du souci. Mais pour les investisseurs, c’est autre chose: il devrait donc y avoir de bonnes affaires à débusquer dans les plis de la cote.

La feuille boursière hebdomadaire L’Investisseur consacre cette semaine (n°10 du 11 mars 2008, pp. 14 et 15) ses pages « Portrait » au Marché Libre de NYSE Euronext Bruxelles et passe rapidement en revue les actions qui y sont cotées. Elle identifie quatre titres « dignes d’achat » (sur 23) à ses yeux: NewTree (NEWT), Option Trading (OTCB), Proximedia (PROX), U&I Learning (UNI).

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