Je vous avais promis quelques explications sur un indicateur technique qui me paraît précieux pour déterminer et pour apprécier la tendance d’un marché: l’histogramme du MACD dont nous avons vu la déclinaison hebdomadaire se retourner, il y a une dizaine de jours, sur l’indice Bel 20. Voici d’ailleurs où il en était vendredi soir (19e semaine 2008):
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Avant de tenter de comprendre de quoi il retourne, observons que venant d’un creux en 5e semaine (- 48,7), l’indicateur a continûment progressé jusqu’en 17e semaine (+ 46,8) avant de se retourner à la baisse. Côté cours, l’indice clôturait à 3.612,07 points en 5e semaine et à 3.946,35 en 17e, ce qui correspond effectivement au plus bas et au plus haut de la période (il n’en va pas toujours aussi exactement ainsi).
Pour comprendre l’histogramme du MACD et son fonctionnement, il faut savoir que celui-ci est en quelque sorte une dérivée seconde de l’évolution des cours de clôture hebdomadaire. Le MACD (pour: Moving Average Convergence Divergence) est en effet fondé, au départ, sur la comparaison de deux moyennes mobiles exponentielles (ici, à 12 et 26 semaines respectivement). La valeur de la moyenne longue est soustraite chaque semaine de la moyenne courte et l’on obtient ainsi ce qu’on appelle un oscillateur, une suite de valeurs positives ou négatives, selon que la moyenne courte est supérieure à la longue, ou vice-versa.
Il en résulte la « ligne de MACD », dont l’allure est déjà porteuse de signification et constitue d’ailleurs une indicateur en soi: nous avons vu que lorsque la moyenne courte évolue au-dessus de la longue, cela dénote une tendance haussière (et baissière dans l’hypothèse inverse bien entendu), et que le croisement des deux moyennes peut être considéré comme un signale d’achat (golden cross) ou de vente (dead cross).
Dans le MACD, cet oscillateur est complété par sa propre moyenne exponentielle, à 9 périodes généralement, pour fournir un graphique comme celui-ci:
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La période couverte (en hebdomadaire) est ici celle qui va de février 2005 à aujourd’hui. La ligne bleue est celle du MACD (différence entre la moyenne courte et la moyenne longue), la rose en représente la moyenne mobile à neuf périodes. Lorsque le couple évolue au-dessus de la ligne du « 0″, cela signifie que la moyenne courte est au-dessus de la longue (tendance haussière), quand elle se situe en dessous, que la moyenne longue est au-dessus de la courte (tendance baissière), vous l’aurez deviné…
Je ne m’étends pas ici sur l’interprétation du graphique du « MACD signal » , sinon pour souligner que son intérêt ne se situe pas seulement dans sa position par rapport au point d’équilibre (0), on n’a pas besoin de lui pour ça, mais dans sa direction. Quand l’indicateur monte au-dessus du « 0″, la hausse s’accélère (la moyenne courte s’éloigne de plus de la longue), quand elle redescend depuis un sommet vers le « 0″, la tendance haussière s’affaiblit. Et vice-versa en dessous du point d’équilibre. Egalement significatifs sont notamment:
- le croisement du MACD avec la ligne de signal ;
- les valeurs extrêmes du MACD, dénotant des situations de « surachat » ou de « survente »;
- les divergences entre l’indicateur et les cours (quand ceux-ci atteignent un nouveau sommet sans qu’il en aille de même sur le MACD, ce qui suggère un affaiblissement de la tendance).
L’histogramme, pour sa part, représente l’écart (positif ou négatif) entre la ligne de MACD et la ligne de signal. Voici ce que cela donne, sur base du graphique précédent:
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La première vertu de cet indicateur dérivé du premier est qu’il anticipe souvent les retournements de tendance. Là où les moyennes mobiles sont pratiquement toujours en retard sur la tendance, qu’ils révèlent a posteriori, l’histogramme manifeste une propension certaine à l’annoncer.
Attention toutefois: ce n’est qu’un indice, comme tout autre indicateur technique. Et il serait bien imprudent de fonder ses décisions sur un seul indice. Mais voyez une fois encore le graphique ci-dessus: lorsqu’à la fin de la semaine du 28 avril, la clôture hebdomadaire a culminé à 3.946 points, l’histogramme s’est retourné à la baisse, alors qu’il avait atteint un point extrême. Depuis lors, la tenance haussière marque, au moins, une pause (au moment où j’écris ces lignes, le Bel 20 affiche 3.794 pts, soit – 3,9%). L’histogramme ne me l’a pas « annoncé » mais, grâce à lui, je n’en suis pas surpris.