Courrier des lecteurs, ce matin, dans De Tijd: « m’n skivakantie van morgen is met de 1000 aandelen die ik aan 20.80 kocht betaald, joepie !!! »

On est content pour lui, non? Les actions que le bonhomme avait achetées à 20,80 sont celles d’Air Energy (Alternext – AIR), la société wavrienne spécialisée dans l’énergie éolienne, dont je vous parlais ici même il y a peu.

On a appris ce matin, dans le journal, qu’une société hollandaise venait d’acquérir 70% des parts de la société, celles qui étaient entre les mains des fondateurs. Le communiqué peut être téléchargé ici, mais son intérêt est surtout historique: le cours est réservé à la hausse, à 37,25.
Prix d’acquisition: 39 euro. En cash. Une OPA suit, bien sûr. Si vous en avez en portefeuille, vous pouvez vous aussi vous préparer pour le ski, dans une station first class: introduite à € 14,2 il y a juste un an, Air Energy a connu son sommet historique à 22,25, jeudi (4.129 titres échangés). Votre plus-value se situera donc entre 75 et 175%, en fonction de votre prix d’achat. En un an, c’est… correct!

… et Alternext qui pleure

Juste à côté, à la « une » de chacun des deux journaux financiers, on rigole nettement moins. De Rouck Geomatics (Alternext – ALROU) était pourtant aussi entrée sur Alternext, un peu plus tôt, en juillet 2006. A € 9. On n’a plus échangé le moindre titre depuis le 20 mars, et encore: 250 à… 1,85.

Là aussi, communiqué. Mais pour annoncer que les résultats sont encore plus médiocres que la moins bonne prévision annoncée dans le dernier profit warning, il y a un mois. Ventes en recul de plus de 27%, perte nette à 3,4 millions. Et si ça ne suffisait pas, le Tijd titre son article sur les doutes du reviseur quant à la continuité de l’entreprise.

Bref, quand on fréquente la bourse en général, et les marchés non réglementés en particulier, il faut savoir choisir le bon cheval… ;-)

Avec Air Energy (Alternext – AIR) les mauvais jeux de mots sont faciles et viennent si spontanément sous la plume qu’il faut apprendre à les contrôler… Impossible toutefois de les éviter tout-à-fait quand on lit dans le communiqué publié vendredi soir, après la clôture, que la production des parcs éoliens en exploitation a surpassé les attentes, la vitesse du vent ayant été supérieure à la normale. Conclusion: les vents ont l’air favorables…

La société wavrienne qui développe et exploite des parcs d’éoliennes (elle est le principal intervenant en Wallonie) annonce donc des produits en hausse, sensiblement supérieurs aux prévisions (8,6 millions, + 155% par rapport à 2006) et un résultat net à l’unisson: 3,16 millions, + 202%. De 2004 à 2007, la société a ainsi connu, sur base annuelle, une croissance composée de 89% en chiffre d’affaires et de 154% en résultat net.

Et pour la suite? Jusqu’en 2012, le prospectus d’émission de mars dernier annonce une croissance en base annuelle de 33% environ, sur base d’un programme d’investissements ambitieux en capacités installées (voir le prospectus d’émission de mars 2007, téléchargeable ici).

Graphique quotidien Air Energy, 2007 - 2008Ces chiffres suggèrent sans doute une valorisation élevée pour une société du secteur utilities. Sur base des données 2007 et du cours de vendredi (20,50), Air Energy affiche un PER historique de 24 et une capitalisation boursière de 79,26 millions, soit un peu plus de neuf fois le chiffre d’affaires 2007.

Introduite en bourse en mars dernier, Air Energy y a vu son cours progresser de 24,8% en près d’un an, avec un plus haut à 21,99 le 4 septembre (voir le graphique de NYSE Euronext légendé par mes soins ci-dessus). Depuis peu après son introduction elle évolue dans un range entre 19 et 22, si l’on excepte le « trou d’air » de fin janvier, par sympathie avec le marché.

Nous sommes donc ici devant un cas relativement simple à comprendre: la réalisation des objectifs de l’entreprise semble essentiellement dépendre de son aptitude à développer ses capacités de production, et donc vraisemblablement à étendre son champ d’activités au-delà des frontières de la région wallonne: la croissance de son chiffre d’affaires et la progression de ses profits sont directement fonctions de la puissance installée et… de la vitesse du vent.

La niche de l’énergie « verte » est sans aucun doute dans le vent (oops, excusez-moi!) mais il est vrai aussi que les éoliennes sont de plus en plus critiquées par certains esthètes, adeptes du nimby (not in my backyard – pas dans mon jardin) et des recours devant le Conseil d’Etat. C’est un des « risques » qu’affronte Air Energy dans son parcours. Avec le niveau des taux d’intérêt et… la vitesse du vent.

Vous avez un avis là-dessus? Les commentaires sont ouverts…

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