Voyez cette belle bougie blanche symbolisant la séance de vendredi: le Bel 20 a ouvert un peu au-dessus de sa résistance et, après avoir réfléchi presque toute la matinée, s’est élancé et maintenu au-delà des 3.900 points.

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Il n’a évidemment pas fait ça tout seul, notre brave indice: la plupart des marchés ont évolué à l’unisson et présentent, avec quelques nuances parfois, des configurations techniques largement comparables. Voyez par exemple ici le vénérable Dow Jones new-yorkais, séduit par les résultats trimestriels du jour, ceux de Google par exemple. Et pour le S&P500, voyez par exemple ici.

C’est donc reparti? Pas si vite.

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Revenons, si vous le voulez bien, sur le graphique hebdomadaire de l’indice Bel 20 de samedi dernier et voyons ce qui lui est arrivé en cette 14e semaine de l’année 2008:

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Constatons:

  1. La résistance à 3.850 points (ligne verte) a été franchie mais la percée n’a pas (encore?) été confirmée: la semaine a été clôturée à 3.802;
  2. Les quatre dernières semaines révèlent une mini-tendance de court terme (couloir haussier) dont la pente est exactement parallèle à une première tentative avortée (semaines 6 à 8);
  3. Si cette tendance se poursuit, le trading range actif depuis la 4e semaine appartiendra à nos souvenirs; si le range 3.530 – 3.850 tient bon, c’est la tendance haussière de court terme qui s’efface…

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J’aime bien ce graphique que j’ai confectionné pour vous. Il vous montre, en « chandeliers japonais » (japanese candlesticks), l’évolution de notre indice national, le Bel 20, de 1995 à aujourd’hui. Les « bougies » blanches matérialisent les années (8) pendant lesquelles la bourse a progressé, les noires (6) celles pendant lesquelles elle s’est repliée. Pour 2008, l’affaire est en cours et nous ne savons évidemment pas encore ce qu’il en sera.

L'indice Bel 20Jusqu’ici, il suggère une belle régularité dans les cycles boursiers. Il est très probable que celle-ci ne se confirmera pas d’une façon aussi métronomique (quatre années de hausse suivies de quatre année de baisse), mais comment s’empêcher de se demander s’il n’y a pas un moyen ou l’autre de profiter de cette alternance? Je sais: les académiciens de la finance vous diront qu’il est impossible de « battre le marché » de manière systématique. L’avenir n’étant écrit nulle part, ils n’ont probablement pas tort. Mais…

Il est toujours très dangereux de concevoir un système de trading à partir d’un historique – on appelle ça l’overfitting – mais il est non moins vrai que la seule façon raisonnable de procéder dans une telle entreprise consiste:

  1. à s’appuyer la tendance… jusqu’à ce qu’elle cède;
  2. à limiter ses pertes et à laisser courir ses gains.

Je vous propose dès lors d’appliquer à cet historique un système automatisé très simple, en supposant que nous aurions investi € 10.000 à l’ouverture, lors de la première séance de 1995 (1387,10 pts) et que nous serions ensuite entièrement sortis du marché à chaque fois qu’était percé le plancher de l’année précédente, pour y revenir lors du franchissement du sommet de l’année N-1.

Une stratégie buy and hold nous laisserait aujourdhui (3.822,8 pts le 4 avril 2008) avec un portefeuille de € 27.562,3. Plus 175,62% en 13 ans et 3 mois, pratiquement 8,11% annualisés, ce qui avoisine la moyenne historique à long terme. Si nous étions toutefois sortis en 2000, à 2.857,20, pour revenir en 2004 à 2.252,45 et sortir à nouveau, tout récemment, à 3.875,48, nous aurions aujourd’hui un montant de liquidités égal à € 35.460,64, sans compter les intérêts perçus de 1999 à 2004.

Une hausse de 254,61%, soit un return annualisé de 10,23% (au lieu de 8,11, rappelons-le). Un différentiel de 2,12% peut paraître modeste mais à y regarder de plus près, il ne le reste pas longtemps: 79% de rendement supplémentaire en 13 ans, 225 en 20. La « magie des intérêts composés »… Et du « market timing« ?

Je reviendrai ultérieurement avec d’autres exemples et d’autres graphiques, pour vous montrer que ce n’est pas toujours aussi simple, ni aussi efficace. Loin de là. Il n’en reste pas moins qu’un système comme celui-là, si simple qu’il soit, n’en a pas moins une vertu essentielle: c’est un système de suivi de tendance.

Vous souvenez-vous du graphique du Bel 20, samedi dernier? Le voici, actualisé avec les cours de la semaine écoulée. C’est la dernière figure à droite, en treizième semaine de l’année (S13).

Bel 20Une belle bougie blanche, signifiant qu’ils ont progressé entre l’ouverture et la clôture. C’est positif. Mais il faut immédiatement ajouter la constatation que la hausse s’est arrêtée exactement sur la « résistance » que nous avions tracée en vert, à partir du cours le plus élevé de la 5e semaine (c’était à peu de chose près le cours d’ouverture: 3.845,10). Quelle est cette « magie »? La psychologie du marché, tout simplement. Il y a huit jours, je n’aurais pas parié gros sur cette circonstance. Qu’elle se soit produite montre tout simplement que les pressions vendeuse et acheteuse se sont équilibrées à ce niveau, peut-être parce que les acheteurs n’ont pas voulu aller plus haut, peut-être parce que les vendeurs ont été renforcés par ceux qui ont voulu prendre leurs bénéfices, ou s’étaient fixé ce seuil pour sortir après la baisse, à la faveur d’une réaction. Et peut-être tout cela ensemble…

Je ne vous dirai donc pas ce qu va se passer la semaine prochaine. Parce que je n’en sais rien, pas plus que vous là-dessus. L’analyse technique n’est pas un art divinatoire, c’est une technique d’observation. Si les cours rebondissent sur la résistance, ce sera le signe d’un élan rendant possible le retour vers un des deux supports rouges. S’ils emportent la ligne verte sans hésiter, ils pourront aller plus haut, vers le prochain obstacle.

Mais il serait bien imprudent de prétendre y voir la reprise d’une tendance haussière à moyen ou long terme, tant que les moyennes mobiles ne se seront pas elles aussi renversées. Pour visualiser cela, allez donc voir cet autre graphique, chez Boursorama (réglez le sur « hebdomadaire » et zoomez avec la loupe marquée « + » pour voir plus clair). La ligne bleue représente une moyenne mobile à 12 semaines, la rose une moyenne à 40. La courte est sous la longue et toutes deux sont en baisse. Les cours sont entre les deux: c’est le seul point positif, dans cette grisaille. On en reparlera.

Tout le monde est à peu près d’accord pour dire que les actions de la zone euro paraissent actuellement à prix sacrifiés. C’est notamment le cas du marché belge (indices ING): le rapport cours-bénéfices 2008 du marché est actuellement à 9.98, ce qui met la prime de risque aux alentours de 5.7, et le rapport entre le rendement des OLO’s et celui des dividendes estimés est à 0.95.

Serait-ce le moment d’acheter?

On ne vous le dit jamais, mais c’est une question très personnelle, en fait. Il n’y a pas de réponse applicable à toutes les situations individuelles. Il n’y a jamais de réponse applicable à toutes les situations individuelles, et les recommandations ou conseils génériques formulés par les « conseilleurs » me laissent toujours intensément perplexe.

Voyons donc les choses sous un angle différent. Demandons nous à qui un achat du marché aux conditions actuelles pourrait être éventuellement profitable.

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