J’aime bien ce graphique que j’ai confectionné pour vous. Il vous montre, en « chandeliers japonais » (japanese candlesticks), l’évolution de notre indice national, le Bel 20, de 1995 à aujourd’hui. Les « bougies » blanches matérialisent les années (8) pendant lesquelles la bourse a progressé, les noires (6) celles pendant lesquelles elle s’est repliée. Pour 2008, l’affaire est en cours et nous ne savons évidemment pas encore ce qu’il en sera.
Jusqu’ici, il suggère une belle régularité dans les cycles boursiers. Il est très probable que celle-ci ne se confirmera pas d’une façon aussi métronomique (quatre années de hausse suivies de quatre année de baisse), mais comment s’empêcher de se demander s’il n’y a pas un moyen ou l’autre de profiter de cette alternance? Je sais: les académiciens de la finance vous diront qu’il est impossible de « battre le marché » de manière systématique. L’avenir n’étant écrit nulle part, ils n’ont probablement pas tort. Mais…
Il est toujours très dangereux de concevoir un système de trading à partir d’un historique – on appelle ça l’overfitting – mais il est non moins vrai que la seule façon raisonnable de procéder dans une telle entreprise consiste:
- à s’appuyer la tendance… jusqu’à ce qu’elle cède;
- à limiter ses pertes et à laisser courir ses gains.
Je vous propose dès lors d’appliquer à cet historique un système automatisé très simple, en supposant que nous aurions investi € 10.000 à l’ouverture, lors de la première séance de 1995 (1387,10 pts) et que nous serions ensuite entièrement sortis du marché à chaque fois qu’était percé le plancher de l’année précédente, pour y revenir lors du franchissement du sommet de l’année N-1.
Une stratégie buy and hold nous laisserait aujourdhui (3.822,8 pts le 4 avril 2008) avec un portefeuille de € 27.562,3. Plus 175,62% en 13 ans et 3 mois, pratiquement 8,11% annualisés, ce qui avoisine la moyenne historique à long terme. Si nous étions toutefois sortis en 2000, à 2.857,20, pour revenir en 2004 à 2.252,45 et sortir à nouveau, tout récemment, à 3.875,48, nous aurions aujourd’hui un montant de liquidités égal à € 35.460,64, sans compter les intérêts perçus de 1999 à 2004.
Une hausse de 254,61%, soit un return annualisé de 10,23% (au lieu de 8,11, rappelons-le). Un différentiel de 2,12% peut paraître modeste mais à y regarder de plus près, il ne le reste pas longtemps: 79% de rendement supplémentaire en 13 ans, 225 en 20. La « magie des intérêts composés »… Et du « market timing« ?
Je reviendrai ultérieurement avec d’autres exemples et d’autres graphiques, pour vous montrer que ce n’est pas toujours aussi simple, ni aussi efficace. Loin de là. Il n’en reste pas moins qu’un système comme celui-là, si simple qu’il soit, n’en a pas moins une vertu essentielle: c’est un système de suivi de tendance.