La petite Propharex (ML – PROP) ne va paraît-il pas bien. Pas bien du tout. C’est L’Echo qui l’annonce ce matin en « une » (N.B.: il faut être abonné pour consulter l’article online), élevant cette péripétie au rang d’exemple emblématique des maux du Marché Libre bruxellois que la pharmaceutique wallonne avait inauguré, en 2004, en y devenant la première PME à y être cotée.

D’un point de vue strictement financier, le souci principal de Propharex saute aux yeux lorsqu’on consulte les bilans de la firme: sous-capitalisation. Depuis 2004 au moins, le fonds de roulement est négatif (les fonds propres sont inférieurs aux immobilisations) et même si l’on y ajoute les emprunts subordonnés dont elle bénéficie auprès d’invests publics, cela ne suffit pas à couvrir les besoins en fonds de roulement (BFR = actifs d’exploitation – passifs d’exploitation).

La trésorerie est donc négative et la résolution de ce problème endémique n’est probablement pas facilitée par le climat qui prévaut actuellement sur les marchés financiers. Ni par le fait que lorsqu’on y réfléchit, Propharex a encore tout à prouver quant à la viabilité de son business model fondé

  • sur la production de médicaments génériques et de compléments alimentaires dans son usine de Courcelles
  • et sur la vente de « micro-usines » pharmaceutiques dans les pays en voie de développement.

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La saison des résultats a débuté pour les entreprises cotées en bourse de Bruxelles. Toutes n’ont pas encore compris mais il y a un léger mieux: Systemat et EVS, par exemple, semblent avoir renoncé à ces placards placards grisâtres dans la presse financière, où l’on vous donne à lire (?) colonnes de chiffres et commentaires en tout petits caractères.

En lieu et place, vous trouverez maintenant ce qui ressemble à une annonce publicitaire, avec quelques points essentiels mis en évidence et un renvoi au site internet de la société pour en savoir plus. Je ne suis pas en mesure de vous le montrer car les journaux ne donnent pas d’URL à leurs pubs et les sociétés elles-mêmes sont encore un peu guindées dans la gestion de leurs sites internet.

Il y a donc encore des progrès à faire dans cette direction, mais ne boudons pas notre plaisir. Rome ne s’est pas faite en un jour…

On peut néanmoins espérer que les entreprises finissent par comprendre que le « petit » actionnaire est aussi un client à convaincre et que la publication de communiqués abscons dans une seule édition de l’une ou l’autre gazette n’est pas forcément la meilleure manière d’y arriver.

Ce que je dis ici n’a rien de révolutionnaire. Pour vous en convaincre, si c’est nécessaire, lisez donc ce billet de Dominic Jones qui donne ici un bon petit tuyau aux entreprises américaines pour faire des économies sur le dos des agences de com’.

L’Echo lui-même suggère une piste intéressante par l’exemple: sur son canal You Tube, la rédaction online du quotidien diffuse une interview de Jean-Claude Logé, le patron de Systemat:

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La séquence de six minutes a été postée le jeudi 28 février et, lundi, elle avait déjà été visionnée 258 fois. Rien à voir, me direz-vous, avec les scores de Sarkozy quand il « allume » un contestataire, ou de Britney Spears quand…, mais bon: vous en connaissez beaucoup, des façons de pouvoir parler à 250 personnes intéressées que vous ne connaissez pas, pour un investissement-temps de 6 minutes?

Et je dis bien: à des personnes intéressées. Il m’étonnerait quand même qu’on demande à voir une interview de chef d’entreprise si l’on ne s’intéresse pas à la personne ou à sa société!

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