J’adore les spots télé de Spa Reine, comme tout le monde sans doute. En voici une version hollandaise pour charmer nos oreilles francophones.

Belle marque qui me donne envie de jeter un coup d’oeil sur l’action Spadel (Comp. B – SPA), une petite mid-cap bien de chez nous, 300 millions de capitalisation boursière environ, mais avec un (trop) faible flottant: moins de 10% des 4,15 millions de titres. Ceux-ci sont ainsi peu traités. Ils ne l’ont même pas été du tout aujourd’hui, l’offre (72,70) et la demande (70) n’ayant pu se rencontrer.

Mais ce sont là choses connues. Ce qui m’amuse, c’est que sur la base du même communiqué sans doute, les éditions online des deux journaux financiers belges (même groupe de presse) semblent avoir des vues différentes, sinon opposées des résultats de la société, à tout le moins de ce qu’ils ont de notable:

  • L’Echo: « Le bénéfice net de Spadel plus pétillant de 15%« ;
  • De Tijd: « Spadel ziet bedrijfswinst licht dalen na slechte zomer« .

Il y en a ainsi pour tous les goûts, pour les amateurs de bouteilles à moitié vides, comme pour les partisans de celles qui sont à moitié pleines… Et tous deux disent vrai, bien sûr!

La société elle-même titre naturellement son communiqué sur la progression de son bénéfice net, expliquant le léger recul du profit d’exploitation par un été pourri qui a fait reculer le volume des ventes de 3,3%.

Je n’entre pas dans les détails, vous les lirez aussi bien que je l’ai fait dans le communiqué. Ce qui m’intéresse plus, de point de vue de l’actionnaire individuel que nous sommes vous et moi c’est, d’une part, la difficulté que semble éprouver Spadel à trouver des relais de croissance et, d’autre part, son apparente capacité à continuer à satisfaire les porteurs de parts.

De 2002 à 2007, la progression annualisée du chiffre d’affaires n’est que de 1,5%, et celle du bénéfice d’exploitation de 5,5. Les actionnaires ne se plaignent cependant pas trop, en apparence, car le dividende progresse régulièrement (de € 0,25 en 2001 à 0,72 net en 2008, soit 16,3% en rythme annualisé), avec un pay out ratio qui reste faible (14,9% en 2008) et le rend relativement « sûr », pour un temps au moins. Un gros paquet d’actions en auto-contrôle a été annulé en 2005.

N’en reste pas moins qu’un rapide calcul m’indique que € 11,94 de bénéfices par action non distribués de 2002 à 2006 n’ont généré en 2007 que € 1,05 de supplément de profit, soit 8,8%. Et il y a aussi que les 15% de hausse du bénéfice net, cette année, ont probablement été stimulés par cette belle nouveauté, les intérêts notionnels.

A son cours actuel, Spadel capitalise environ 15 fois ses bénéfices 2007.

Que signifie l’annonce par IBA, jeudi dernier, de son tout premier dividende annuel (€ 0,17)? Le communiqué lui-même n’en dit rien, et c’est un peu dommage, je trouve. En bonne logique, cela devrait quand même signifier l’entrée de la société novo-louvaniste dans une ère nouvelle et témoigner de la confiance de la direction.

A toute première vue, très superficielle, les résultats 2007 d’IBA (13,9 Mos) sont en recul très sensible (- 53,5%) par rapport à ceux de 2006. Ceux-ci avaient toutefois été favorablement influencés par des bénéfices exceptionnels (transaction avec Schering) et, par définition, hors-tendance. Sur base des résultats récurrents, IBA affiche une progression de 20,7% (de 9,8 Mos à 11,8).

Le lendemain du communiqué, vendredi, l’événement a été salué par une progression de l’action de 2,7% sur des volumes confortables (32.817 titres échangés); à la clôture d’aujourd’hui, lundi, elle s’inscrivait à nouveau en recul de 1,52% (14,16) sur des volumes « moyens » (13.117 titres), à proximité d’un « plancher » qui semble s’être établi sur la ligne des 14 euro.

Hausse du ROE. Une tendance?

La valorisation des entreprises technologiques et de croissance n’est pas chose aisée. Et l’actionnaire individuel est très démuni devant elles. Raison de plus pour lui porter assistance. Quand on regarde les résultats d’IBA avec les yeux d’un particulier, on se dit sans doute qu’un retour sur fonds propres d’un peu moins de 10% quand ceux-ci représentent 44% du total bilantaire, ce n’est pas le Pérou. Mais il faut voir la tendance (3% en 2005, 7 sur les résultats récurrents de 2006) et apprécier la progression en se demandant où peut s’établir la norme, si norme il doit y avoir.

Notons que la société était encore en perte jusqu’en 2003 et affichait un ROE autour de 3% en 2004 et 2005 et de 7% (sur ses profits courants) en 2006. L’évolution paraît donc favorable… pour autant qu’elle se poursuive dans les années à venir.

L'évolution technique du cours d'IBA (NYSE Euronext Bruxelles)A cet égard, le communiqué d’IBA nous dit qu’à taux de change constant (la dépréciation de l’USD a coûté cher en 2007), « la société réitère sa confiance de pouvoir montrer des résultats récurrents en croissance » en 2008. Fort bien. Mais ce qui intéresse l’actionnaire individuel, une fois encore, c’est de visualiser la rentabilité qu’il peut attendre de son investissement aux cours actuels, à moyen ou long terme. La publication de « chiffres-clés » par action sur une longue période (de 5 à 10 ans) lui seraient dans cet ordre de précieux indicateurs de tendance, même si le passé n’est en aucun cas garant de l’avenir.

Car la seule alternative à sa disposition, finalement, consiste à se référer au marché, en espérant pouvoir accrocher le train quand il démarre, s’il démarre. De ce point de vue, les indicateurs techniques que j’emprunte ici à NYSE Euronext ne montrent encore, au mieux, qu’une stabilisation du cours dans la zone de € 14 à 15, venant de 24 à mi-2007. Ce qui, en soi, et n’en déplaise aux partisans de la théorie de l’efficience des marchés, ne nous dit encore rien de précis sur la « vraie valeur », à ce jour, d’Ion Beam Application…

© 2011 MoneyToring Suffusion theme by Sayontan Sinha