La Compagnie Nationale à Portefeuille (mnémo: NAT) a publié hier soir, après la clôture, ses résultats 2007. Je n’aurai pas la prétention de les commenter ici, d’autres s’en chargent et s’en chargeront: voyez déjà ici.

Les efforts que fournit la CNP pour faciliter le travail qui incombe à ses actionnaires et investisseurs potentiels (allez voir son site web et ses rapports annuels, c’est du beau travail) me fournit toutefois l’occasion d’un petit exercice d’évaluation de ce que l’investisseur à long terme est en droit d’attendre de ce titre.

En annonçant la proposition d’un dividende brut de € 0,73 (+ 7,35%), le communiqué confirme la volonté d’imprimer à celui-ci « un rythme de croissance tendanciel annuel de 7% à un horizon prévisible« . Il nous fournit ainsi un premier constituant de la formule dite de Gordon-Shapiro, et même un deuxième: en bonne logique le coupon 2008 devrait, « sans malheur », passer à € 0,78.

Il vous reste maintenant à attendre le détachement du coupon, le 18 avril, pour connaître les attentes théoriques du marché en matière de rendement à long terme. S’il en reste au cours de clôture d’hier soir (moins le dividende), c’est qu’il espère un return annuel autour de 8,7%, par application de la formule:

V0 = D1/(k-g)

avec:

  • V0 : valeur actuelle de l’action (45,99);
  • D1 : dividende de l’année prochaine (0,78);
  • k : return espéré (l’inconnue);
  • g : taux de croissance à long terme du dividende (7%).

En choisissant vous-même un taux de return conforme à vos attentes, vous êtes aussi en mesure de fixer une fourchette pour le prix que vous serez prêt à payer pour une action CNP.

Et ça marche? Dans Gestion de portefeuille (3e éd., chez De Boeck Université), Broquet, Cobbaut, Gillet et van den Berghe expliquent que:

« Le modèle de Gordon-Shapiro trouve son application la plus immédiate quand il s’agit d’évaluer des actions de société arrivées à maturité et par ailleurs peu cycliques car ces sociétés devraient logiquement présenter une croissance à taux constant. Les sociétés présentant ces caractéristiques sont assez nombreuses en Belgique« .

Il ne suffit évidemment pas d’une simple équation du premier degré comme celle-là pour fonder une décision d’investissement (ou de désinvestissement). Mais ça permet de voir à quoi on joue dans la catégorie « bon père de famille », non?

Il va sans dire que vos commentaires sont les bienvenus!

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