Par le seul effet de son dividende, une action belge « moyenne » offre aujourd’hui à peu près le même rendement qu’un emprunt d’Etat à long terme. Un rendement supérieur même, si l’on se réfère aux prévisions des analystes pour le coupon de l’année prochaine. Et il ne s’agit pas d’une exception nationale: un peu partout en Europe, les bourses sont très faiblement valorisées. Amsterdam offre des rendements de plus de 4% aussi, Paris, Francfort ou Madrid ont des rapports cours/bénéfice moyens inférieurs à 12.

Le moment d’acheter?

Ce n’est pas si simple. La quasi-parité actuelle entre les rendements directs des placements à risque et sans risque ne durera pas éternellement, c’est sûr. Mais elle ne disparaîtra pas forcément, à court terme, par la seule hausse des cours des actions. Les bénéfices des entreprises peuvent aussi stagner ou se contracter (il semble que les Etats-Unis soient officiellement entrés en récession); les taux à long terme peuvent également grimper (l’inflation est en hausse).

Ces deux effets peuvent même se combiner pour produire la « stagflation », mélange explosif de stagnation et de montée des prix.

Et puis, surtout, la bourse n’est jamais qu’un organe dans un système, le système financier mondial. Et le système financier mondial est gravement malade, atteint par un virus américain qui provoque maintenant une espèce de septicémie affectant tout l’organisme.

Ce qui est en train de se passer ressemble au fond à ce qui pourrait arriver dans un barbecue en salle (je sais: c’est absurde, mais les financiers sont parfois absurdes). Les joueurs les plus prudents s’en sont allés les premiers, quand la température a commencé à monter et la fumée à s’épaissir, mais les gourmands sont restés. Maintenant que le plafond a pris feu, ils veulent sortir, tous ensemble et dans l’urgence. C’est la panique et l’on s’écrase: les portes ne sont pas assez larges pour laisser sortir tout le monde, il y a des brûlures et des asphyxies…

Continue reading »

© 2011 MoneyToring Suffusion theme by Sayontan Sinha