Que signifie l’annonce par IBA, jeudi dernier, de son tout premier dividende annuel (€ 0,17)? Le communiqué lui-même n’en dit rien, et c’est un peu dommage, je trouve. En bonne logique, cela devrait quand même signifier l’entrée de la société novo-louvaniste dans une ère nouvelle et témoigner de la confiance de la direction.
A toute première vue, très superficielle, les résultats 2007 d’IBA (13,9 Mos) sont en recul très sensible (- 53,5%) par rapport à ceux de 2006. Ceux-ci avaient toutefois été favorablement influencés par des bénéfices exceptionnels (transaction avec Schering) et, par définition, hors-tendance. Sur base des résultats récurrents, IBA affiche une progression de 20,7% (de 9,8 Mos à 11,8).
Le lendemain du communiqué, vendredi, l’événement a été salué par une progression de l’action de 2,7% sur des volumes confortables (32.817 titres échangés); à la clôture d’aujourd’hui, lundi, elle s’inscrivait à nouveau en recul de 1,52% (14,16) sur des volumes « moyens » (13.117 titres), à proximité d’un « plancher » qui semble s’être établi sur la ligne des 14 euro.
Hausse du ROE. Une tendance?
La valorisation des entreprises technologiques et de croissance n’est pas chose aisée. Et l’actionnaire individuel est très démuni devant elles. Raison de plus pour lui porter assistance. Quand on regarde les résultats d’IBA avec les yeux d’un particulier, on se dit sans doute qu’un retour sur fonds propres d’un peu moins de 10% quand ceux-ci représentent 44% du total bilantaire, ce n’est pas le Pérou. Mais il faut voir la tendance (3% en 2005, 7 sur les résultats récurrents de 2006) et apprécier la progression en se demandant où peut s’établir la norme, si norme il doit y avoir.
Notons que la société était encore en perte jusqu’en 2003 et affichait un ROE autour de 3% en 2004 et 2005 et de 7% (sur ses profits courants) en 2006. L’évolution paraît donc favorable… pour autant qu’elle se poursuive dans les années à venir.
A cet égard, le communiqué d’IBA nous dit qu’à taux de change constant (la dépréciation de l’USD a coûté cher en 2007), « la société réitère sa confiance de pouvoir montrer des résultats récurrents en croissance » en 2008. Fort bien. Mais ce qui intéresse l’actionnaire individuel, une fois encore, c’est de visualiser la rentabilité qu’il peut attendre de son investissement aux cours actuels, à moyen ou long terme. La publication de « chiffres-clés » par action sur une longue période (de 5 à 10 ans) lui seraient dans cet ordre de précieux indicateurs de tendance, même si le passé n’est en aucun cas garant de l’avenir.
Car la seule alternative à sa disposition, finalement, consiste à se référer au marché, en espérant pouvoir accrocher le train quand il démarre, s’il démarre. De ce point de vue, les indicateurs techniques que j’emprunte ici à NYSE Euronext ne montrent encore, au mieux, qu’une stabilisation du cours dans la zone de € 14 à 15, venant de 24 à mi-2007. Ce qui, en soi, et n’en déplaise aux partisans de la théorie de l’efficience des marchés, ne nous dit encore rien de précis sur la « vraie valeur », à ce jour, d’Ion Beam Application…