Les sociétés cotées sur les marchés non réglementés, par nature, sont des véhicules d’investissement plus risqués que la moyenne. La possibilité d’y profiter d’une vraie success story – comme Air Energy (Alternext Bruxelles – AIR), qui aura permis à ses actionnaires de réaliser, en un an, une plus-value de 75 à 175% – n’est pas gratuite: elle se paie du risque d’une sortie de route avec sinistre total, comme on en a déjà connu une avec ZNJ. Il y en aura d’autres, tôt ou tard. C’est inévitable.

Si l’on ne veut pas que dans une mauvaise passe, un accident (ou une petite série noire) ne jette une ombre meurtrière sur ces marchés et ne détruise durablement la confiance des investisseurs, il est indispensable que les sociétés cotées comprennent que l’absence de réglementation, sur l’information de leurs actionnaires notamment, ne constitue en aucune manière une invitation à ne pas communiquer.

C’est même, à mon avis, une incitation à communiquer autrement, mieux. A sortir des conventions et de la routine pour apporter aux investisseurs les informations dont ils ont vraiment besoin pour fixer leur attitude à propos d’un titre: acheter, conserver, vendre, rester à l’écart… Ce sera l’objet de cette rubrique.

La petite Propharex (ML – PROP) ne va paraît-il pas bien. Pas bien du tout. C’est L’Echo qui l’annonce ce matin en « une » (N.B.: il faut être abonné pour consulter l’article online), élevant cette péripétie au rang d’exemple emblématique des maux du Marché Libre bruxellois que la pharmaceutique wallonne avait inauguré, en 2004, en y devenant la première PME à y être cotée.

D’un point de vue strictement financier, le souci principal de Propharex saute aux yeux lorsqu’on consulte les bilans de la firme: sous-capitalisation. Depuis 2004 au moins, le fonds de roulement est négatif (les fonds propres sont inférieurs aux immobilisations) et même si l’on y ajoute les emprunts subordonnés dont elle bénéficie auprès d’invests publics, cela ne suffit pas à couvrir les besoins en fonds de roulement (BFR = actifs d’exploitation – passifs d’exploitation).

La trésorerie est donc négative et la résolution de ce problème endémique n’est probablement pas facilitée par le climat qui prévaut actuellement sur les marchés financiers. Ni par le fait que lorsqu’on y réfléchit, Propharex a encore tout à prouver quant à la viabilité de son business model fondé

  • sur la production de médicaments génériques et de compléments alimentaires dans son usine de Courcelles
  • et sur la vente de « micro-usines » pharmaceutiques dans les pays en voie de développement.

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A compter de ce jour, Coin de l’Actionnaire prend le relais de micro-caps.be et le remplace. L’ancien site reste néanmoins accessible en lecture, les commentaires étant fermés.

Pourquoi cette mutation?

Le blog micro-caps.beJ’ai lancé micro-caps.be en mai 2007, avec pour objectifs:

  1. d’informer les investisseurs sur les plus petites capitalisations (< 150 millions) de la cote bruxelloise;
  2. d’offrir à ces sociétés un canal de communication avec le marché.

Le bilan, après dix mois, est un peu en demi-teintes. Mais ce n’est pas une façon détournée de dire que cela a été un échec: sans tapage ni campagne particulière de promotion, ce site (un blog un peu atypique) a en effet rapidement séduit un petit public de lecteurs très fidèles. Il y a une demande avérée pour ce type d’informations dont la diffusion répond à un besoin évident, non satisfait à l’heure actuelle.

La niche que j’avais choisie m’est cependant apparue trop étroite. Et surtout, l’information financière émise par ces sociétés n’est pas toujours optimale (ceci est un doux euphémisme…), en quantité comme en qualité.

Nouvelle approche

Sans renoncer à mes objectifs, j’ai donc décidé d’élargir un peu la niche et de l’approcher d’une manière différente. D’où cette « migration » vers un nouveau site: Coin de l’Actionnaire.

  • La niche ne sera plus désormais un univers particulier de sociétés cotées, mais le public qui s’y intéresse: les épargnants et les investisseurs individuels qui les considèrent comme un élément intéressant de diversification de leur portefeuille de valeurs mobilières ;
  • La nouvelle approche procède directement de ce changement de perspective: ce blog se situe désormais clairement du côté de l’investisseur, ce qui l’autorisera à la fois à publier des opinions plus tranchées quand il le faudra, et à envisager l’investissement en petites capitalisations dans le contexte global de la gestion d’un portefeuille.

J’entame cette aventure avec mon partenaire dans G&MC Communication, Jean-Jacques Durré, ancien journaliste comme moi. Nous espérons être rejoints par d’autres plumes bien acérées dans ce qui a donc vocation à être un blog collectif.

Un blog viscéralement indépendant aussi. Si le succès est au rendez-vous (cela dépend essentiellement de vous), j’espère pouvoir compter, à terme, sur le soutien de sponsors. Mais nous saurons faire en sorte qu’il ne puisse jamais y avoir la moindre ambiguïté sur notre entière indépendance rédactionnelle. Ce qui suppose aussi que tout conflit d’intérêt sera, le cas échéant, scrupuleusement mentionné.

Je termine en vous confirmant que ceci est donc bien un blog. Son succès dépend ainsi non seulement de votre nombre et de votre fidélité, mais aussi de votre participation, par la voie des commentaires. N’en soyez pas avares!

Mais assez parlé de ce que nous allons faire. Passons à l’action.

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