Peu après le billet que je lui ai consacré ici même, Val Saint Lambert International (Marché Libre – VSLI) a publié un communiqué qu’on ne retrouve comme d’habitude pas sur son site et qui ne lui a valu que quelques lignes distraites dans L’Echo, mais que FreeMarket.be, le « club du Marché Libre » animé par Bernard Ruzziconi (Small Caps Finance) a opportunément publié dans son intégralité.
Non pas qu’il soit très éclairant. Mais il est par contre parfaitement illustratif de ce que peut être une communication déficiente.
Avec d’abord une mise en évidence de ce à quoi on pouvait s’attendre: « L’exercice n’a pas répondu aux attentes » et la société « continue de poursuivre son objectif de s’adosser à un partenaire commercial, financier et/ou industriel« . Plus loin: « A ce stade, aucune voie n’a été privilégiée de façon définitive et nous sommes toujours dans une phase confidentielle« . Rideau.
On peut , on doit certes comprendre que la direction du Val ne souhaite pas négocier sur la place publique. Mais elle pourrait quand même être plus explicite sur sa situation et faire preuve d’un minimum de respect pour ses actionnaires en leur communiquant une image correcte de sa situation, ne serait-ce qu’une fois par an.
Au lieu de quoi on trouve seulement plus loin un résumé du bilan de la holding, affichant une perte presque anecdotique de € 33.000 au regard de fonds propres apparemment confortables, et une mention d’un chiffre d’affaires à € 605.000 (dans le prospectus d’émission de 2005 il était annoncé, pour 2007, à un peu plus de 10 millions…) Mais il doit s’agir ici de chiffres non consolidés: en octobre, le Val annonçait qu’il avait déjà réalisé un CA de 3,3 millions et qu’il en attendait 1,4 au dernier trimestre.
On mélange ainsi sans cesse les pommes et les poires, le consolidé et le non-consolidé, au point que la plus perspicace des chattes n’y retrouverait certainement pas ses chers petits. Alors, un investisseur moyen comme vous et moi, vous pensez…
Un compte de résultats? Pas même un aperçu. Pour en savoir plus, il faudra sans doute attendre l’assemblée générale du deuxième mardi de mai, ou la publication des comptes par la Centrale des Bilans de la Banque Nationale, si l’événement annuel passe aussi inaperçu que de coutume, et si Fabian Lacasse n’a pas le temps d’y assister en vue d’en rendre compte dans son journal.
Non anecdotique par contre est la « remarque explicative » du reviseur que vous lirez à la fin du communiqué et qui fait référence à la justification par l’organe de gestion de « l’application des règles d’évaluation appropriées aux perspectives de continuité sur base du plan stratégique pour relancer l’activité de la société et accroître la rentabilité de sa filiale, la Cristallerie du Val Saint Lambert« .
Traduction? Euh… J’ai quand même toujours un petit frisson désagréable quand je lis ce genre de remarque sous la plume d’un reviseur. Surtout quand elle n’est pas accompagnée dudit rapport de gestion et de sa justification des évaluations.
Le résumé du bilan de VSLI fait état d’immobilisations financières (valorisation de la filiale), de stocks et commandes en cours pléthoriques au regard du chiffre d’affaires et de créances commerciales importantes. Faut-il se demander si tous ces actifs valent bien leur comptabilisation au bilan? Je n’en sais rien. Et c’est là qu’une communication lacunaire est potentiellement nuisible, parce que soulevant inévitablement plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Bornons-nous ici à constater ce que tout le monde peut voir: à considérer ce bilan résumé, VSLI dispose de 7,7 millions d’actif net. Et à son cours actuel, elle est valorisée par le marché à 4,6 millions. Soit une déjà coquette « décote de holding » de plus de 40%.
N’hésitez pas à intervenir en commentaires si vous avez des informations fiables qui pourraient être utiles aux actionnaires.
A cet égard, le communiqué d’IBA nous dit qu’à taux de change constant (la dépréciation de l’USD a coûté cher en 2007), « la société réitère sa confiance de pouvoir montrer des résultats récurrents en croissance » en 2008. Fort bien. Mais ce qui intéresse l’actionnaire individuel, une fois encore, c’est de visualiser la rentabilité qu’il peut attendre de son investissement aux cours actuels, à moyen ou long terme. La publication de « chiffres-clés » par action sur une longue période (de 5 à 10 ans) lui seraient dans cet ordre de précieux indicateurs de tendance, même si le passé n’est en aucun cas garant de l’avenir.