Avec Air Energy (Alternext – AIR) les mauvais jeux de mots sont faciles et viennent si spontanément sous la plume qu’il faut apprendre à les contrôler… Impossible toutefois de les éviter tout-à-fait quand on lit dans le communiqué publié vendredi soir, après la clôture, que la production des parcs éoliens en exploitation a surpassé les attentes, la vitesse du vent ayant été supérieure à la normale. Conclusion: les vents ont l’air favorables…
La société wavrienne qui développe et exploite des parcs d’éoliennes (elle est le principal intervenant en Wallonie) annonce donc des produits en hausse, sensiblement supérieurs aux prévisions (8,6 millions, + 155% par rapport à 2006) et un résultat net à l’unisson: 3,16 millions, + 202%. De 2004 à 2007, la société a ainsi connu, sur base annuelle, une croissance composée de 89% en chiffre d’affaires et de 154% en résultat net.
Et pour la suite? Jusqu’en 2012, le prospectus d’émission de mars dernier annonce une croissance en base annuelle de 33% environ, sur base d’un programme d’investissements ambitieux en capacités installées (voir le prospectus d’émission de mars 2007, téléchargeable ici).
Ces chiffres suggèrent sans doute une valorisation élevée pour une société du secteur utilities. Sur base des données 2007 et du cours de vendredi (20,50), Air Energy affiche un PER historique de 24 et une capitalisation boursière de 79,26 millions, soit un peu plus de neuf fois le chiffre d’affaires 2007.
Introduite en bourse en mars dernier, Air Energy y a vu son cours progresser de 24,8% en près d’un an, avec un plus haut à 21,99 le 4 septembre (voir le graphique de NYSE Euronext légendé par mes soins ci-dessus). Depuis peu après son introduction elle évolue dans un range entre 19 et 22, si l’on excepte le « trou d’air » de fin janvier, par sympathie avec le marché.
Nous sommes donc ici devant un cas relativement simple à comprendre: la réalisation des objectifs de l’entreprise semble essentiellement dépendre de son aptitude à développer ses capacités de production, et donc vraisemblablement à étendre son champ d’activités au-delà des frontières de la région wallonne: la croissance de son chiffre d’affaires et la progression de ses profits sont directement fonctions de la puissance installée et… de la vitesse du vent.
La niche de l’énergie « verte » est sans aucun doute dans le vent (oops, excusez-moi!) mais il est vrai aussi que les éoliennes sont de plus en plus critiquées par certains esthètes, adeptes du nimby (not in my backyard – pas dans mon jardin) et des recours devant le Conseil d’Etat. C’est un des « risques » qu’affronte Air Energy dans son parcours. Avec le niveau des taux d’intérêt et… la vitesse du vent.
Vous avez un avis là-dessus? Les commentaires sont ouverts…