J’ai eu la petite curiosité de vérifier si le tracker sur le Bel 20 qui est coté à la Bourse de Bruxelles suivait bien son indice. A supposer que j’aie été inquiet, je cois pouvoir me dire rassuré. Selon mes calculs rapides, sur les deux dernières années, la force relative moyenne du tracker par rapport à l’indice se situe à 99,88266, soit moins de 0,12% d’écart, avec un écart-type à 0,723998. Ce qui signifie que dans 95% des cas, la force relative se situe entre 98,437 et 101.329.

Comment j’ai fait? J’ai téléchargé les séries de cotations sur le site d’Euronext et les ai rapportées à une base commune de 100, début 2006. Puis j’ai divisé l’un par l’autre en multipliant le résultat par 100.

Notez que jusqu’ici, le Bel 20 Master Unit n’a pas distribué de dividendes, de sorte qu’il faut le comparer non pas au Bel 20 lui-même, mais au Bel 20 return (dividendes nets réinvestis).

La moisson de la semaine:

  • More information, please… – Le mal ne sévit pas seulement chez nous: ce blog de communicant dénonce les chaînes de distribution US qui cessent de publier leurs ventes mensuelles parce que la récession se pointe…
  • Pourquoi votre site est médiocre. – Encore de la com’: Investor Relations Blog propose aux sociétés cotées une petite check-list pour tester les pages « IR » de leur site web.
  • Que ferait Warren? – Une petite blogographie concernant Warren Buffett. Quelques références intéressantes.
  • Trackers obligataires. – Introduction à un sujet important, que j’aborderai un de ces jours: les trackers obligataires, ou la façon simple de gérer la partie sans (trop de) risques de votre portefeuille. Ici, c’est à propos des Etats-Unis, mais c’est largement transposable en Europe.
  • Produits dérivés. – Café de la Bourse m’apprend que Warren Buffett, très critique sur l’abus des produits dérivés, avait lui-même émis des options put à très long terme sur le S&P500. Je suis bien convaincu que la façon la plus sûre de gagner de l’argent sur ce type de marché est de prendre la place du banquier en émettant des options (vente opening) au lieu d’en acheter. Et c’est à la portée de tout le monde. J’y reviendrai aussi.

Et une petite citation encourageante d’un autre investisseur de référence, pour finir:

Vingt ans de métier m’ont convaincu que toute personne normale utilisant trois pour cent des capacités de son cerveau pouvait choisir des actions aussi bien, si ce n’est mieux qu’un expert de Wall Street.

Peter Lynch.

Voici quelques liens que j’ai glanés pour vous tout au long de la semaine:

  • General Electric: la claque. – Wall Street a mal vécu l’annonce des résultats trimestriels de General Electric, THE conglomerate. Et pour cause: ils sont bien en deçà de ce qui était attendu. Les cours se sont repliés sur un large front, dans le sillage de GE (-13% vendredi).
  • American Slowdown. – La cover story de The Economist sur la récession américaine.
  • Soros is sorry. – …mais la crise, à ses yeux, est plus grave qu’on ne le pense.
  • Cuivres chiliens. – Le Chili va bien, lui. Il a du cuivre à revendre. Et le marché est suivi par des trackers iShares, négociables à New-York. En progression de 13% depuis le début de l’année, mais attention: en dollars américains, ce qui relativise la performance…
  • Vive l’AG! – Un plaidoyer du blog de l’Echo en faveur des assemblées générales annuelles, l’occasion de prendre la température des sociétés cotées entre les lignes ennuyeuses des rapports annuels.
  • Micro-caps, macro-risques? – En direct du Québec, un avertissement sur les risques spécifiques qu’il peut y avoir à investir dans les petites capitalisations.
  • Trackers européens. – La suite de l’article que je vous mentionnais la semaine dernière sur le marché des ETF européens. Un screening des principaux émetteurs.
  • Dérivés. – L’opinion d’un opérateur des dérivés sur la méconnaissance par les investisseurs français des marchés des produits dérivés. Pas de panique: en Belgique aussi…
  • Dividend investing. – NYSE Euronext vient de lancer de nouveaux indices sur les actions à haut rendement de dividende. Une mode parfaitement recommandable qui sévit depuis quelque temps déjà.
  • Moins d’IPOs. – Le Blog Finance se penche sur la raréfaction des introductions en bourse sur les marchés européens.
  • Un p’tit pastaga? – Café de la Bourse, le bien nommé en l’occurrence, sur l’acquisition par Pernod-Ricard du propriétaire suédois de la vodka Absolut. La success story va-t-elle se poursuivre?

Bon week-end à toutes et à tous!

Quand l’horizon se bouche et s’obscurcit, l’investisseur prudent cherche un abri. Ce que nous sommes probablement nombreux à avoir fait, en allégeant nos positions en actifs « à risques », c’est-à-dire en actions. Pour aller où? Pas forcément en obligations, pas uniquement en tout cas: ce sont aussi des actifs « à risque », à risque de taux en tout cas, ne l’oublions pas.

Les liquidités? Sans doute. Comme un pis-aller, une position d’attente: avec un taux à court terme en euro autour de 4% et une inflation à 4,4, on y perd encore, si l’on sait compter. Mais c’est comme un temps mort. Un refuge où s’abriter quand le tonnerre gronde.

Depuis six mois environ, le marché parisien offre un tracker monétaire qui se présente comme une alternative aux comptes d’épargne et dépôts à terme: Lyxor ETF Eurocash (Paris – CSH), rejoint depuis par trois produits de la Deutsche Bank, en euro, en dollar et en livre sterling.

C’est donc un ETF, coté quotidiennement comme une action, la plus « ennuyeuse » de toutes. Son indice de référence est basé sur l’EONIA (European OverNight Interest Average), actuellement à 4,01%. L’avantage étant que l’on peut l’acheter et le vendre à tout moment et que son cours progresse avec une régularité de métronome, centime après centime.

Attention aux frais de transaction, toutefois, l’instrument n’est pas fait pour servir de porte-monnaie au quotidien, ou alors pour de gros montants. Mais pour parquer ses liquidités pour quelques mois, en attendant une embellie, ce peut être une solution pratique: Eurocash s’insère évidemment dans votre portefeuille de titres électronique.

Comme c’est un produit de capitalisation, il est facile de le comparer à d’autres, actions et obligations. Voici ce que cela donne sur les six derniers mois, sur base de comparaisons entre les cours d’ouverture du 1er octobre 2007 et les cours de clôture du 31 mars 2008.

Les obligations sont ici représentées par un autre ETF Lyxor: EuroMTS Global (Paris – MTX) qui suit un panier d’obligations souveraines de la zone euro dans toute la gamme des échéances, avec une duration moyenne de 6,3 ans. Pour les actions, j’ai choisi SPDR Euro (Paris – SPO) parce qu’étant basé sur 173 titres de la zone euro, il me paraît plus représentatif et moins coloré « big caps » que l’indice EuroStoxx.

-

Mnémo Tracker 1/10/07 31/3/08 Perf.
CSH Lyxor ETF Eurocash 101.84 102.14 + 1,96%
MTX Lyxor ETF EuroMTS 113.73 117.60 + 3,40%
SPO SPDR Euro (actions) 203.86 166.95 - 18,11%

-

Notons qu’avec les résultats mentionnés ci-dessus, CSH progresse actuellement d’environ 3,95% sur une base annuelle, avec un EONIA actuellement à 4,01%.

Voici une information d’un genre qui ne fait pas beaucoup de bruit mais qui me paraît du plus haut intérêt pour l’investisseur individuel: 21 nouveaux trackers (ou ETF, pour Exchange Traded Funds) font leur entrée sur le segment NexTrack de MYSE Euronext Paris.

C’est la gamme de la Deutsche Bank qui débarque ainsi dans la capitale française, déjà bien fournie, mais qui s’enrichit notamment ici de deux ETF répliquant les marchés monétaires britannique (SONIA) et américain (Fed Fund). Depuis le mois de septembre dernier, la cote comptait déjà un tracker EONIA (European Overnight Interest Average).

Pourquoi est-ce intéressant? Parce que le plus gros problème de gestion, pour un petit portefeuille de particulier non professionnel, est celui de la diversification, en vue d’en contrôler le risque. Avec un portefeuille de trackers, on arrive sans peine – et sans frais excessifs – à mettre au point une gestion core-satellite comme un pro et à concentrer sans remords son attention sur ses quelques actions individuelles de prédilection, fussent-elles étroitement corrélées entre elles.

Les trackers sur obligations ou sur matières premières permettent également aux petits patrimoines de s’exposer à des marchés ordinairement réservés aux spécialistes et d’y déployer une vraie stratégie d’investissement.

C’est un sujet sur lequel j’ai bien l’intention de revenir. En attendant, si vous vous demandez encore un peu ce que sont ces produits, voyez par exemple et pour commencer:

© 2011 MoneyToring Suffusion theme by Sayontan Sinha