Les turbulences des marchés financiers n’ont pas pour seule conséquence un repli des cotations; elles entraînent aussi un accroissement de la volatilité des actifs, et donc une augmentation des risques. Cette volatilité accrue est visuellement perceptible dans le dernier quart de ce graphique que j’ai construit à partir des variations quotidiennes de l’indice Bel 20 entre le 1er août 2007 et le 14 mars 2008 (vendredi dernier):

bel20-volatilite1.GIF

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C’est plus clair encore sur ce deuxième graphique, qui reprend, en valeurs absolues (càd sans tenir compte du sens du mouvement), la moyenne mobile à 20 jours des variations, sur deux ans, de l’indice en pourcentage, à la hausse comme à la baisse donc:

bel20-volatilite2.GIF

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Les chiffres sont ici sans importance. Ce qui compte, c’est l’allure de la courbe et la constatation qu’à partir de fin janvier le pic s’élève de 30 à 50% au-dessus des sommets précédents, et que que la « base » se forme au niveau de ceux-ci.

Opérer en bourse est donc, pour l’instant, plus risqué et la visibilité y est moindre.

Contrôler les risques

Un contexte de forte volatilité n’a toutefois pas que des inconvénients. Dans la mesure où la volatilité historique (illustrée ici) est normalement en phase avec la volatilité implicite (identifiable sur des indices comme le VIX), les primes à payer pour les options call et put sont également plus élevées. C’est donc le moment, pour ceux qui maîtrisent le sujet, d’opérer des émissions.

Les options ont la réputation d’être des instruments hautement spéculatifs, et donc dangereux à manipuler. Avec un peu de bon sens, ce n’est pas forcément le cas. Ce peut notamment être l’occasion de se positionner sur un titre que l’on estime injustement « massacré » en émettant un put « à la monnaie » ou légèrement en dehors.

Imaginez par exemple que vous estimiez l’action A manifestement sous-valorisée et qu’à € 15, vous seriez disposé à en acheter un lot de 500. Vous pourriez parfaitement n’en acheter que 300 et émettre deux put à 15 (un contrat d’option porte sur 100 titres), à une échéance de 1 à 3 mois. Au lieu de débourser immédiatement € 7.500, vous limitez votre achat à € 4.500, en mettez de côté 3.000 pour le cas où vous seriez exercé et encaissez votre prime pour l’émission des options put.

Cela vous procure un supplément de rendement, à moins que, dans les temps incertains que nous connaissons, cette prime vous permette de financer l’achat de 3 options put de prix d’exercice inférieur (12,50, par exemple). Vous aurez ainsi souscrit à bon compte une « police d’assurance » qui vous prémunit d’une poursuite de la chute du titre.

Bien utilisées, les options sont ainsi un instrument de gestion des risques, bien plus qu’un outil spéculatif. Dites moi si le sujet vous intéresse et si vous souhaitez que nous en débattions ici.

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